Publié le
26.08.2005 dans
Chine.
Attention ! La lecture de cet article doit se faire en dehors des heures de repas !
Pourquoi parler des toilettes chinoises, me direz-vous ? Parce qu’elles font partie d’une certaine forme de « couleur locale », vous répondrai-je. La règle d’or lorsque vous envisagez de vous soulager: ayez toujours sur vous un rouleau de papier toilettes ou au moins un paquet de mouchoirs. Les toilettes publiques ou celles des hôtels/restaurants n’en fournissent pas.
Deuxième règle: lorsque vous entrez, respirez par la bouche. Vous risquerez au pire d’avaler une mouche, mais au moins, vous ne vous viderez pas par le haut…
Enfin, n’attendez aucune intimité. La plupart du temps, vous serez accroupi(e) au-dessus d’un trou ou d’une rigole et pourrez avoir par exemple un débat philosophique sur les cycles de vie avec votre voisin. Le partage d’une expérience commune: n’est-ce pas merveilleux ?
Une bonne « surprise » tout de même: les toilettes du Kai Wah Plaza Hotel (5 étoiles) près de la gare de Kunming. Propres et avec de vraies portes et du papier toilettes ! Seul point négatif: les employés à la réception parlent mal l’anglais. A prendre en compte lors de mon prochain passage en Chine…
Publié le
19.08.2005 dans
Chine.
J’ai déniché un article assez intéressant qui mêle récit de voyage et analyse socio-culturelle de l’Empire du Milieu sur l’excellent site www.questionchine.net.
Un extrait pour vous mettre l’eau à la bouche:
L’ampleur majestueuse du territoire donne aux Chinois le sentiment d’être tout à la fois partie intégrante du Cosmos, dans lequel ils ne font que se couler, et un Univers à part qui n’appartient qu’à eux et où les étrangers ne seront jamais que tolérés. L’immense Terre Chinoise – la « Grande Terre » comme disent les Taiwanais confinés dans leur île -, qu’on découvre au fil des voyages, agit ici comme un catalyseur des très puissants sentiments d’appartenance à la famille, au clan, à la race et, depuis quelques dizaines d’années, à la Nation chinoise. Cette fierté nationale qui parfois surgit au milieu d’une très nette tendance à l’auto-dénigrement qui pousse encore beaucoup de Chinois à émigrer, n’est pas sans rapport avec la croyance immémoriale des Han d’être les fondateurs d’un Empire central et d’une civilisation exemplaire.
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Publié le
15.08.2005 dans
Chine.
Insouciance due à une « zénitude » permanente ou permis gagné à la lotterie ? Voilà ce que pense l’occidental en vadrouille en Chine lorsqu’il est jeté au milieu d’un amas de ferraille roulante et puante dans une ville qui compte 4 millions d’habitants. Le taxi qui me mène de l’aéroport à chez moi est l’épreuve du feu. Je mesure déjà les rapports de force… L’esprit de prédation règne sur la jungle urbaine.
La hiérarchie s’établit comme suit. Tout en haut de la chaîne alimentaire: les bus urbains qui semblent bénéficier d’un statut spécial et dont l’efficacité doit se mesurer au nombre de vélos et de piétons repoussés dans le caniveau. Viennent ensuite les taxis. Au risque de frôler l’incident diplomatique, je les qualifierais de kamikazes
. Ils se faufilent à travers la circulation en faisant des queues de poisson aux vélos, sont manifestement tous daltoniens (« quoi, un feu rouge ? ») et semblent prendre un malin plaisir à effaroucher à coup d’accélérateur et de klaxon les piétons osant s’aventurer sur leur territoire. Puis viennent les voitures civiles, minivans, minibus et autres qui roulent soit à 100 à l’heure en pleine ville, soit au rythme d’une tortue rachitique. Pas de Yin et de Yang, pas de juste milieu, pas d’équilibre cosmique !
Les vélos constituent un monde à part. Ils peuvent être motorisés et prennent alors la forme de scooters électriques ne dépassant pas les 20 km/h; ou alors ils sont trafiqués, car le tuning semble être en passe de devenir le nouveau sport national… Les cycles mûs à la force des cuisses et des mollets sont de loin les plus nombreux. Les voies qui leur sont réservées sont larges et devraient permettre un écoulement rapide de cette circulation… Si ces voies n’étaient pas encombrées par des vendeurs ambulants, des taxis en quête de clients, ou – plus dangereux ! – des bouches d’égoûts laissées ouvertes sans aucune signalisation apparente ! Aussi pourra-t-on croiser de temps à autre des piétons en train d’écrire un message sur leur téléphone portable en plein milieu de la route, sans se soucier de la circulation qui les entoure. La leçon que j’ai rapidement apprise lorsqu’on se déplace à vélo: avoir de bons freins et toujours regarder devant soi !
Les piétons, enfin, ne connaissent pas la notion de trottoir ou de passage piéton. Traversant n’importe où sans regarder, ils prennent un air étonné lorsqu’on est à un cheveu de leur rentrer dedans et qu’on leur jette un regard désapprobateur.
Je suis pourtant « presque-parisien » et habitué à vivre dans une grande ville. J’ai été en Italie et je connais des conducteurs casse-cou, mais je pense que de retour de Chine, plus rien ne m’impressionnera. Je pourrai alors dire d’un air blasé: « Mais connaissez-vous la Chine, mon cher ami ? »
Je termine cet article en souhaitant une bonne fête à toutes les Marie qui me lisent !
Après le concert, munis d’une lanterne, nous marchâmes toute la nuit pour revenir au lycée. De toute façon, il n’était plus question pour nous de sommeil, tant nous étions exaltés. La musique chinoise, retenue et confidentielle, souvent plaintive, ne nous avait guère habitués à ce chant aux accents si souverains, si conquérants. Celui-ci n’accompagne pas la nature; il en déchire la peau, en transperce la chair pour en devenir la pulsation même. Ce que cette symphonie évoque, ce sont certes les champs de blé et les pâturages de la lointaine Europe. Comme elle était proche cependant du battement de coeur de ces deux marcheurs perdus dans la nuit de Chine ! Répondant à nos pas cadencés, les rizières en terrasses, inondées de lune, bruyantes de coassements de grenouilles, semblaient s’élargir de rond en rond dans un formidable déploiement rythmique. A l’homme enfin éveillé, toute terre, aussi vieille soit-elle, ne se fait-elle pas éternellement vierge ?
François Cheng : Le Dit de Tianyi, éditions Albin Michel