Monthly Archive for septembre, 2005

Nom chinois

Il a fallu un certain temps pour que je me fasse “baptiser” en Chine par quelques-uns de mes étudiants. Présage de qualité pour le nom attribué ! Sachez d’abord qu’en chinois, usuellement, le nom de famille se place avant le prénom et est généralement représenté par un caractère. Le prénom peut être composé d’un ou de deux caractères. Les prénoms ont tous un sens et leur choix se fait en fonction du sexe et du caractère/des qualités de la personne. Une fille pourra ainsi s’appeler “pétale de rose”, un garçon “vaillant guerrier”.

Quant à moi, je m’appelle désormais (en Pinyin): hé sà hào.

En caractères, cela donne: 何 飒 皓. Il va falloir que je m’entraîne pour la signature ! ;-)

Et la signification ? est un nom de famille chinois qui se rapproche phonétiquement de Fischer, veut dire “homme généreux et fier” et hào signifie “brillant, éclatant”.

L’aéroport des nuages blancs

Avez-vous déjà été à Canton ? Moi oui. Et deux fois même ! La première fois, c’est la chaleur moite (presque tropicale !) qui m’a frappé en sortant de l’avion en provenance de Paris. C’était le 7 juillet et le commandant de bord nous avait annoncé au départ de Paris que la France avait perdu les JO. La deuxième fois, c’est avec un bouquet de fleurs artificielles dépassant de mon sac à dos que j’ai pris l’avion de retour pour le pays qui n’aurait pas les JO. Qu’est-ce que j’ai vu de Canton ? Son aéroport Baiyun (nuages blancs) et… son aéroport !

Cet aéroport international qui a été mis en service il y a tout juste un an ressemble à une gigantesque carapace de tatou. Les départs se font directement sous la grande carapace, les arrivées à l’étage du dessous. Me voici donc arrivé (vers 22h30) dans ce chef d’oeuvre d’architecture mégalo. J’avais eu auparavant une petite frayeur, croyant que nous atterririons à Changsha (plus près de Wuhan que de Canton !). Mon voisin de siège, un Cantonnais accompagné de sa femme et s’exprimant en parfait anglais, était persuadé que nous aurions une escale…

L’heure étant trop avancée pour l’hôtel que j’avais réservé, je prends rapidement la décision de dormir sur place, non sans avoir inspecté un peu les diverses salles de ce mastodonte. M’installant sur un banc près des arrivées, je regarde les gens aller et venir et tends l’oreille pour capter quelques mots de cantonnais. C’est vrai que c’est véritablement une autre langue (par rapport au mandarin), si j’en crois mon oreille musicale ! Vers minuit et demie, le flux des personnes se tarit. Plusieurs fois délogé par des gardes casqués mais très aimables, je décide de monter sous la carapace pour trouver un coin tranquille pour dormir. Je ne suis pas le seul. Quelques Chinois et deux Occidentaux sont déjà installés dans le coin réservé aux noctambules aéroportuaires.

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Retour

Comment décrire les mille sentiments qui m’assaillent et me bousculent lors de mon départ de Chine, ce pays qui m’a tout de même accueilli pendant presque trois mois. Tristesse de quitter de nouveaux amis d’un côté, joie de retrouver les anciens et ma famille de l’autre. Ce que je peux affirmer avec certitude, c’est que cette merveilleuse découverte restera à jamais gravée dans ma mémoire.

Avant de partir en terra incognita, on a souvent des idées toutes faites, des préjugés - même inconscients - sur la société dans laquelle on aura à s’intégrer. Le choc culturel à l’arrivée en est d’autant plus renforcé, puisqu’on débarque avec des attentes bien précises. Une fois sur place, on est amené à relativiser beaucoup de choses. Le statut d’étranger dans cet immense Empire du Milieu offre bien des privilèges, mais la barrière linguistique et culturelle aboutit parfois à des malentendus. Ce périple m’a permis de me remettre en question et de jeter un regard différent sur nos sociétés occidentales, un regard enrichi de ce que j’ai pu vivre là-bas.

Faut-il encore rappeler que la Chine est un pays communiste dont les autorités ont bien du mal à lâcher l’énorme pouvoir qu’elles exercent ou du moins à le transférer au peuple ? En tant qu’étranger, on est bien entendu libre comme l’air. Mais de nombreux témoignages que j’ai pu recueillir, de nombreux destins personnels se sont fait l’écho de cette répression omniprésente. Mes liberté, égalité, fraternité ou Einigkeit, Recht und Freiheit prennent alors une toute nouvelle dimension…

Je me suis posé une question: le bonheur est il vraiment plus facile à atteindre dans une société où tout est disponible en permanence et en abondance ? Je ne pense pas. A force de toujours vouloir plus, à force de convoitises et de jalousies, l’homme se détruit lui même. Le bien-être n’est pas le bonheur. Je ne dis pas que nous devrions prendre exemple sur les chinois puisqu’en ce moment, c’est plutôt l’inverse qui se produit, mais peut-être ferions-nous bien de nous calmer un petit peu de temps en temps, non ?

Les prochains jours seront sûrement très prolifiques en articles, car je suis dans la phase de classement de tous mes souvenirs. Revenez donc de temps à autre !