A la veille de l’examen final de la Summer School – enfin des vraies vacances !
– voici quelques vues touristiques de la capitale britannique.
Monthly Archive for août, 2007
La star de la soirée du 6 août dans un Royal Albert Hall presque comble était incontestablement Renée Fleming. Rappelée à plusieurs reprises par le public, elle a laissé ce dernier sur sa faim, surtout après son extraordinaire interprétation de « Ich ging zu ihm » tiré de l’opéra Das Wunder der Heliane composé par Wolfgang Korngold en 1927. On était en effet presque tenté de penser que Korngold avait composé cette oeuvre sur mesure pour la célèbre soprano. Renée Fleming est avant tout une grande chanteuse d’opéra, et elle l’a démontré de nouveau hier soir. Son registre et sa brillance vocale lui font beaucoup mieux tirer parti des attaques lyriques des grands airs d’opéra que du romantisme et de la sombre mélancholie de certains Lieder austro-allemands. Cela fut le cas pour les Sieben frühe Lieder de Alban Berg interprétés avant l’entracte qui ont moins emballé le public que la seconde partie du programme.
La partie symphonique de la soirée était elle aussi très variée. L’interprétation de la 8ème symphonie de Beethoven en début de concert m’a franchement surpris. Gianandreo Noseda, chef à la baguette très dynamique du BBC Philharmonic Orchestra, aurait gagné à ralentir de quelques crans son rythme effréné et à plus insister sur les legati voulus par le compositeur. Le premier mouvement de la symphonie ressemblait par endroits à une marche militaire et donnait une impression d’effilochement… Curieusement, dans la symphonie n°2 de Schumann qui clôturait le programme, l’orchestre a su se lancer dans les aventures romantiques auxquelles l’invitait la partition. Les deux derniers mouvements étaient particulièrement réussis, les cuivres flamboyants étant purement et simplement parfaits et les cordes d’une remarquable précision.
Que dire de plus ? Un concert très réussi dans un cadre spectaculaire. Londres n’étant qu’à quelques heures de train de Paris, l’expérience sera sûrement renouvelée !
… Dialogue interculturel ? Il est parfois difficile de faire coïncider les deux. Des étudiants et professionnels de tous les coins du monde participent à l’université d’été de la London School of Economics et il est clair que les opinions politiques et religieuses sont extrêmement variées. La liberté d’expression fait que chacun peut s’exprimer à loisir sur tout sujet.
Néanmoins, j’estime qu’il est inadmissible et grave de justifier des attentats terroristes (notamment ceux du 11 septembre) en invoquant un soi-disant « droit à l’auto-détermination » et en ayant recours à un argumentaire pseudo-théologique. Les actes terroristes et le martyre du suicide bomber seraient – d’après ces extrémistes – le seul moyen de résistance efficace contre l’Occident; une certaine forme de guerre de libération anticoloniale en quelque sorte.
Ce type de propos relève premièrement d’une définition problématique du terrorisme. Comment qualifier ce type de terrorisme radicalement nouveau, non-étatique et décentralisé ? Deuxièmement, cela relève d’une saisissante incompréhension de l’histoire du 20ème siècle. Quel est l’intérêt – sinon idéologique – de vouloir assimiler le terrorisme du 21ème siècle aux luttes anticoloniales ? Enfin, l’argument de la fameuse « guerre des civilisations » de Samuel Huntington est reprise à leur compte par les extrémistes religieux dans les deux camps, ce qui est extrêmement dangereux !
Le problème auquel vous êtes confronté lorsque vous tentez d’établir le dialogue avec une personne défendant ces thèses est l’incompréhension et le refus catégorique de sortir de ce mode de pensée victimisateur (face au propre sort soi-disant infligé par l’Occident) et inquisiteur (face à toute proposition de sortie de crise). Je trouve affligeant d’observer que c’est surtout la jeune génération argentée et cultivée (?) qui adhère à ce type de discours…
Il ne devrait pas être question de faire valoir une « différence culturelle » – un argument d’ailleurs souvent avancé par les états autoritaires pour justifier leurs dérives – mais plutôt d’essayer de comprendre l’autre, afin de faire avancer le dialogue. En tant que Weltbürger - citoyen du monde – je m’adapte aux spécificités locales du pays dans lequel je me trouve. Cela implique dans nos « pays occidentaux » – et surtout dans un contexte académique et universitaire – l’adhésion aux règles démocratiques de base du dialogue et de l’échange constructifs.