… Dialogue interculturel ? Il est parfois difficile de faire coïncider les deux. Des étudiants et professionnels de tous les coins du monde participent à l’université d’été de la London School of Economics et il est clair que les opinions politiques et religieuses sont extrêmement variées. La liberté d’expression fait que chacun peut s’exprimer à loisir sur tout sujet.
Néanmoins, j’estime qu’il est inadmissible et grave de justifier des attentats terroristes (notamment ceux du 11 septembre) en invoquant un soi-disant “droit à l’auto-détermination” et en ayant recours à un argumentaire pseudo-théologique. Les actes terroristes et le martyre du suicide bomber seraient - d’après ces extrémistes - le seul moyen de résistance efficace contre l’Occident; une certaine forme de guerre de libération anticoloniale en quelque sorte.
Ce type de propos relève premièrement d’une définition problématique du terrorisme. Comment qualifier ce type de terrorisme radicalement nouveau, non-étatique et décentralisé ? Deuxièmement, cela relève d’une saisissante incompréhension de l’histoire du 20ème siècle. Quel est l’intérêt - sinon idéologique - de vouloir assimiler le terrorisme du 21ème siècle aux luttes anticoloniales ? Enfin, l’argument de la fameuse “guerre des civilisations” de Samuel Huntington est reprise à leur compte par les extrémistes religieux dans les deux camps, ce qui est extrêmement dangereux !
Le problème auquel vous êtes confronté lorsque vous tentez d’établir le dialogue avec une personne défendant ces thèses est l’incompréhension et le refus catégorique de sortir de ce mode de pensée victimisateur (face au propre sort soi-disant infligé par l’Occident) et inquisiteur (face à toute proposition de sortie de crise). Je trouve affligeant d’observer que c’est surtout la jeune génération argentée et cultivée (?) qui adhère à ce type de discours…
Il ne devrait pas être question de faire valoir une “différence culturelle” - un argument d’ailleurs souvent avancé par les états autoritaires pour justifier leurs dérives - mais plutôt d’essayer de comprendre l’autre, afin de faire avancer le dialogue. En tant que Weltbürger - citoyen du monde - je m’adapte aux spécificités locales du pays dans lequel je me trouve. Cela implique dans nos “pays occidentaux” - et surtout dans un contexte académique et universitaire - l’adhésion aux règles démocratiques de base du dialogue et de l’échange constructifs.
Hello! Juste pour dire en passant que je viens de faire un tour rapide sur Ludus Linguarum, que j’apprécie toujours autant.
J’ai bien aimé ton dernier article sur le terrorisme. Effectivement, c’est un peu affolant de voir les gens se planter autant de “références”, et avec autant de bonne foi (sans mauvais, très mauvais jeu de mots); en tant qu’historienne cette histoire de guerre anticoloniale me hérisse le poil… Ceci pour le point de vue “professionnel”, évidemment, en faisant appel à ses sentiments on arriverait à dire beaucoup d’autres choses, mais finalement peu intéressantes: autant tenter de garder un regard “neutre”, si c’est possible…
Au passage, contente de pouvoir garder un oeil sur toi via facebook. Mais comment m’as-tu trouvée? Tu sais s’il y a d’autres MEPeux dessus?
Love,
Marie
… ou quand la passion destructrice se mélange avec la science historique. A ce niveau, on peut tout justifier par une pirouette pseudo politico-théologico-scientifique… cette “loi du talion” (d’ailleurs mal interprétée à l’age adulte) de classe maternelle : “oh! il m’a fait mal, je le tape!” est affligeante pour la gent humaine, irresponsable, immorale et donc inhumaine. Rien de nouveau, mais avec ces exemples actuels d’étudiants embrigadés dans leurs certitudes, qui en rappellent d’autres en d’autres temps et d’autres lieux, on se sent “missionnaires” pédagogiques pour la paix, la tolérance, le descillement d’yeux, le débouchage d’oreilles et l’apprentissage de l’exercice de l’intelligence.
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Mum toujours optimiste mais consciente que l’histoire se répète (café du commerce