Insouciance due à une “zénitude” permanente ou permis gagné à la lotterie ? Voilà ce que pense l’occidental en vadrouille en Chine lorsqu’il est jeté au milieu d’un amas de ferraille roulante et puante dans une ville qui compte 4 millions d’habitants. Le taxi qui me mène de l’aéroport à chez moi est l’épreuve du feu. Je mesure déjà les rapports de force… L’esprit de prédation règne sur la jungle urbaine.
La hiérarchie s’établit comme suit. Tout en haut de la chaîne alimentaire: les bus urbains qui semblent bénéficier d’un statut spécial et dont l’efficacité doit se mesurer au nombre de vélos et de piétons repoussés dans le caniveau. Viennent ensuite les taxis. Au risque de frôler l’incident diplomatique, je les qualifierais de kamikazes ;-). Ils se faufilent à travers la circulation en faisant des queues de poisson aux vélos, sont manifestement tous daltoniens (”quoi, un feu rouge ?”) et semblent prendre un malin plaisir à effaroucher à coup d’accélérateur et de klaxon les piétons osant s’aventurer sur leur territoire. Puis viennent les voitures civiles, minivans, minibus et autres qui roulent soit à 100 à l’heure en pleine ville, soit au rythme d’une tortue rachitique. Pas de Yin et de Yang, pas de juste milieu, pas d’équilibre cosmique !
Les vélos constituent un monde à part. Ils peuvent être motorisés et prennent alors la forme de scooters électriques ne dépassant pas les 20 km/h; ou alors ils sont trafiqués, car le tuning semble être en passe de devenir le nouveau sport national… Les cycles mûs à la force des cuisses et des mollets sont de loin les plus nombreux. Les voies qui leur sont réservées sont larges et devraient permettre un écoulement rapide de cette circulation… Si ces voies n’étaient pas encombrées par des vendeurs ambulants, des taxis en quête de clients, ou - plus dangereux ! - des bouches d’égoûts laissées ouvertes sans aucune signalisation apparente ! Aussi pourra-t-on croiser de temps à autre des piétons en train d’écrire un message sur leur téléphone portable en plein milieu de la route, sans se soucier de la circulation qui les entoure. La leçon que j’ai rapidement apprise lorsqu’on se déplace à vélo: avoir de bons freins et toujours regarder devant soi !
Les piétons, enfin, ne connaissent pas la notion de trottoir ou de passage piéton. Traversant n’importe où sans regarder, ils prennent un air étonné lorsqu’on est à un cheveu de leur rentrer dedans et qu’on leur jette un regard désapprobateur.
Je suis pourtant “presque-parisien” et habitué à vivre dans une grande ville. J’ai été en Italie et je connais des conducteurs casse-cou, mais je pense que de retour de Chine, plus rien ne m’impressionnera. Je pourrai alors dire d’un air blasé: “Mais connaissez-vous la Chine, mon cher ami ?”
Je termine cet article en souhaitant une bonne fête à toutes les Marie qui me lisent !
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