Archive for the 'Billets d'humeur' Category

Fair play ?

Sans commentaire…

Amitié

Qu’est-ce que l’amitié véritable ? C’est d’abord un sentiment que tout le monde pense connaître ou avoir connu dans sa vie. Ami vient du verbe latin amo, as, are qui signifie aimer. Est-ce que je pense à l’amour lorsque je suis ensemble avec des amis ? Non, bien sûr ! Lorsqu’on est jeune, les amis sont là pour s’amuser, pour passer du bon temps et partager le bonheur d’être ensemble pendant un certain temps… Dans ce sens, chacun de nous a beaucoup d’amis.

Mais il existe des amis plus “importants” que d’autres. Ce sont les amis auxquels je peux tout dire sans craindre de les perdre. Ce sont les amis qui sont toujours là quand j’ai besoin d’eux. Ce sont les amis qui savent m’écouter sans me juger. Ce sont les amis qui m’acceptent comme je suis, avec mes défauts et mes qualités. Ce sont les amis qui me donnent un bon conseil, car ils me connaissent mieux que n’importe qui. Ces amis-là sont rares, très rares, même… Heureux sont ceux qui peuvent trouver un tel ami ! Ces amis-là sont comme la famille : ils sont toujours là pour moi et je suis toujours là pour eux. Quelqu’un venant d’un pays lointain m’a dit un jour : “Richard, quand je suis arrivé, tu as été pour moi comme une famille”. Ces quelques mots m’ont rempli de bonheur pendant longtemps, et quand j’y repense un sourire illumine mon visage.

Le Petit Prince et sa Fleur

Peut-on alors séparer l’amitié et l’amour ? Pas vraiment. Pour moi, les deux sont intimement liés : l’amour véritable est une amitié profonde entre deux êtres humains. Il est sans concessions, ce qui demande aux deux personnes qui s’aiment de s’ouvrir et de se donner entièrement à l’autre. Il n’y a de l’amour que dans le respect et ce respect vient de la connaissance de plus en plus profonde de l’autre. On pense parfois aimer quelqu’un - oui, on est amoureux - mais on ne connaît pas vraiment l’autre. On se met donc à cacher certains aspects négatifs de sa personnalité pour ne pas perdre la personne aimée, on ne lui dit pas tout, on veut être parfait pour l’autre. Cet amour ne peut pas durer longtemps.

Inversement, l’amour qui “baigne” dans une amitié profonde, une disponibilité et attention constante, sera plus profond et plus sincère que toute passion passagère. Bien sûr, au début c’est souvent la passion aveugle qui a le dessus, mais l’amour et l’amitié véritables sont le fait de reconnaître que l’être aimé est unique. La connaissance de l’autre et l’authenticité (en amitié comme en amour) sont essentiels.

D’après le proverbe anglais “Actions speak louder than words.”, ce sont surtout mes actes qui “comptent”. Il arrive que je fasse des erreurs parfois inexcusables à l’encontre de la personne que j’aime. Cela met bien sûr la confiance mutuelle à rude épreuve et la déception est grande. Mais si je suis vraiment important pour la personne, alors elle peut toujours me pardonner. Et inversement, j’admets ma faute. La réconciliation est importante. Elle permet de faire le point et de recommencer sur de bonnes bases. Mais il faut vouloir cette réconciliation, me donner ma chance et ne pas être injuste en me rejettant. Il est vrai que certaines situations sont parfois difficiles, mais le malentendu les rend encore plus difficiles.

J’attends un signe…

Der Untergang - La Chute

Deux avis radicalement opposés après la sortie de ce film sorti aujourd’hui en France et qui semble se prêter facilement à la polémique (infondée à mon avis):

France 2
Libération

…sans oublier Le Monde.

Pour avoir vu ce film dimanche dernier en Allemagne, j’aimerais insister sur la prouesse du célèbre acteur allemand Bruno Ganz à incarner un personnage, en l’occurence Hitler, dans des situations de vie autres que ses fameux discours. Folie, nostalgie, rancunes personnelles hantent cet homme paranoïaque au possible, conscient sans vouloir se l’avouer que le troisième Reich s’écroule. Ganz maîtrise à merveille tous les registres de l’art dramatique et dresse un portrait dérangeant de cet homme que tout le monde croit connaître. La lecture de biographies d’Hitler est d’ailleurs fortement recommandée afin de saisir avec plus de finesse certaines réactions, certains détails (plus ou moins humains !) dans la personnalité du dictateur. Je soupçonne certains critiques (allemands et francais) de ne pas avoir lu une page de ces biographies lorsqu’ils reprochent au réalisateur la peinture d’un dictateur aux traits trop humains. La ressemblance avec l’original est effectivement troublante et je me suis demandé quelle aurait bien été ma réaction si, comme la toute jeune secrétaire Traudl Junge, j’avais décroché un poste dans l’entourage immédiat du Führer…

Certes, ce film reste un long téléfilm de 2h30, comme l’avait été en 2000 Der Tunnel de Roland Suso Richter, mais il a le mérite de s’arrêter sur un dernier tabou de l’histoire allemande: la chute finale du troisième Reich. Pourquoi faire de l’histoire sélective qui serait censurée par des tabous ancrés dans une conscience populaire ? Pourquoi un dictateur, si méprisables et monstrueux qu’aient été ses actes, ne pourrait-il pas être représenté sur un écran de cinéma ? Le personnage d’Hitler est (malheureusement) devenu mythique: il incarne depuis la fin de la seconde guerre mondiale la barbarie humaine à l’état pur. Le mérite du film d’Oliver Hirschbiegel est de nous rappeler qu’il suffit d’un seul homme (même pas si monstrueux que cela dans la vie quotidienne !) pour déclencher un cataclysme d’ampleur planétaire. Il démystifie en quelque sorte le dictateur en lui donnant un visage humain.

A mon avis, ce film doit inciter à la discussion plutôt qu’à la polémique. Cette discussion devrait porter sur deux questions. Premièrement, comment orienter mon action face à des situations qui me dépassent et auxquelles je suis soumis (c’est la question que se pose à la fin du film la secrétaire personnelle d’Hitler Traudl Junge) ? Cette question est malheureusement toujours d’actualité… Deuxièmement, quel est notre regard sur l’Histoire ? N’avons-nous pas tendance é dissimuler des faits dérangeants, à construire un mythe autour de certains personnages historiques ?

En réalité, Oliver Hirschbiegel a voulu choquer. C’est réussi et je l’applaudis pour ce choc salutaire qui contribuera, espérons-le, à changer l’angle de vue de ceux qui iront voir ce film sur l’Histoire et ne manquera pas de susciter de nombreuses interrogations. Conclusion: un film à voir d’urgence !

Napoléon et la fin du monde

Les hommes extraordinaires comme Napoléon se placent en dehors de la moralité. Ils finissent par agir comme des phénomènes physiques primitifs, comme le feu et l’eau.

J. W. von Goethe,
Conversations avec Riemer

En ce bicentenaire du sacre de l’empereur des Français, les articles sur sa personne se font nombreux et réactivent les polémiques… Franchement, je ne suis pas radicalement antinapoléonien, mais en lisant cet article écrit dans le Monde par un de ses descendants, je me suis posé la question: les Français ont-ils une conscience historique ? L’Europe actuelle est-elle napoléonienne ou s’agit-il là d’une des nombreuses manifestations à la française d’un nombrilisme personnifié ?

Si il n’y avait que cela… Prenez garde, mes amis, car la fin du monde approche. J’en veux pour preuve ce clip flash, absolument hilarant dans sa manière d’appréhender les relations internationales !