Avez-vous déjà été à Canton ? Moi oui. Et deux fois même ! La première fois, c’est la chaleur moite (presque tropicale !) qui m’a frappé en sortant de l’avion en provenance de Paris. C’était le 7 juillet et le commandant de bord nous avait annoncé au départ de Paris que la France avait perdu les JO. La deuxième fois, c’est avec un bouquet de fleurs artificielles dépassant de mon sac à dos que j’ai pris l’avion de retour pour le pays qui n’aurait pas les JO. Qu’est-ce que j’ai vu de Canton ? Son aéroport Baiyun (nuages blancs) et… son aéroport !
Cet aéroport international qui a été mis en service il y a tout juste un an ressemble à une gigantesque carapace de tatou. Les départs se font directement sous la grande carapace, les arrivées à l’étage du dessous. Me voici donc arrivé (vers 22h30) dans ce chef d’oeuvre d’architecture mégalo. J’avais eu auparavant une petite frayeur, croyant que nous atterririons à Changsha (plus près de Wuhan que de Canton !). Mon voisin de siège, un Cantonnais accompagné de sa femme et s’exprimant en parfait anglais, était persuadé que nous aurions une escale…
L’heure étant trop avancée pour l’hôtel que j’avais réservé, je prends rapidement la décision de dormir sur place, non sans avoir inspecté un peu les diverses salles de ce mastodonte. M’installant sur un banc près des arrivées, je regarde les gens aller et venir et tends l’oreille pour capter quelques mots de cantonnais. C’est vrai que c’est véritablement une autre langue (par rapport au mandarin), si j’en crois mon oreille musicale ! Vers minuit et demie, le flux des personnes se tarit. Plusieurs fois délogé par des gardes casqués mais très aimables, je décide de monter sous la carapace pour trouver un coin tranquille pour dormir. Je ne suis pas le seul. Quelques Chinois et deux Occidentaux sont déjà installés dans le coin réservé aux noctambules aéroportuaires.
Continue reading ‘L’aéroport des nuages blancs’
Comment décrire les mille sentiments qui m’assaillent et me bousculent lors de mon départ de Chine, ce pays qui m’a tout de même accueilli pendant presque trois mois. Tristesse de quitter de nouveaux amis d’un côté, joie de retrouver les anciens et ma famille de l’autre. Ce que je peux affirmer avec certitude, c’est que cette merveilleuse découverte restera à jamais gravée dans ma mémoire.
Avant de partir en terra incognita, on a souvent des idées toutes faites, des préjugés - même inconscients - sur la société dans laquelle on aura à s’intégrer. Le choc culturel à l’arrivée en est d’autant plus renforcé, puisqu’on débarque avec des attentes bien précises. Une fois sur place, on est amené à relativiser beaucoup de choses. Le statut d’étranger dans cet immense Empire du Milieu offre bien des privilèges, mais la barrière linguistique et culturelle aboutit parfois à des malentendus. Ce périple m’a permis de me remettre en question et de jeter un regard différent sur nos sociétés occidentales, un regard enrichi de ce que j’ai pu vivre là-bas.
Faut-il encore rappeler que la Chine est un pays communiste dont les autorités ont bien du mal à lâcher l’énorme pouvoir qu’elles exercent ou du moins à le transférer au peuple ? En tant qu’étranger, on est bien entendu libre comme l’air. Mais de nombreux témoignages que j’ai pu recueillir, de nombreux destins personnels se sont fait l’écho de cette répression omniprésente. Mes liberté, égalité, fraternité ou Einigkeit, Recht und Freiheit prennent alors une toute nouvelle dimension…
Je me suis posé une question: le bonheur est il vraiment plus facile à atteindre dans une société où tout est disponible en permanence et en abondance ? Je ne pense pas. A force de toujours vouloir plus, à force de convoitises et de jalousies, l’homme se détruit lui même. Le bien-être n’est pas le bonheur. Je ne dis pas que nous devrions prendre exemple sur les chinois puisqu’en ce moment, c’est plutôt l’inverse qui se produit, mais peut-être ferions-nous bien de nous calmer un petit peu de temps en temps, non ?
Les prochains jours seront sûrement très prolifiques en articles, car je suis dans la phase de classement de tous mes souvenirs. Revenez donc de temps à autre !
Attention ! La lecture de cet article doit se faire en dehors des heures de repas !
Pourquoi parler des toilettes chinoises, me direz-vous ? Parce qu’elles font partie d’une certaine forme de “couleur locale”, vous répondrai-je. La règle d’or lorsque vous envisagez de vous soulager: ayez toujours sur vous un rouleau de papier toilettes ou au moins un paquet de mouchoirs. Les toilettes publiques ou celles des hôtels/restaurants n’en fournissent pas.
Deuxième règle: lorsque vous entrez, respirez par la bouche. Vous risquerez au pire d’avaler une mouche, mais au moins, vous ne vous viderez pas par le haut…
Enfin, n’attendez aucune intimité. La plupart du temps, vous serez accroupi(e) au-dessus d’un trou ou d’une rigole et pourrez avoir par exemple un débat philosophique sur les cycles de vie avec votre voisin. Le partage d’une expérience commune: n’est-ce pas merveilleux ?
Une bonne “surprise” tout de même: les toilettes du Kai Wah Plaza Hotel (5 étoiles) près de la gare de Kunming. Propres et avec de vraies portes et du papier toilettes ! Seul point négatif: les employés à la réception parlent mal l’anglais. A prendre en compte lors de mon prochain passage en Chine… 
J’ai déniché un article assez intéressant qui mêle récit de voyage et analyse socio-culturelle de l’Empire du Milieu sur l’excellent site www.questionchine.net.
Un extrait pour vous mettre l’eau à la bouche:
L’ampleur majestueuse du territoire donne aux Chinois le sentiment d’être tout à la fois partie intégrante du Cosmos, dans lequel ils ne font que se couler, et un Univers à part qui n’appartient qu’à eux et où les étrangers ne seront jamais que tolérés. L’immense Terre Chinoise - la « Grande Terre » comme disent les Taiwanais confinés dans leur île -, qu’on découvre au fil des voyages, agit ici comme un catalyseur des très puissants sentiments d’appartenance à la famille, au clan, à la race et, depuis quelques dizaines d’années, à la Nation chinoise. Cette fierté nationale qui parfois surgit au milieu d’une très nette tendance à l’auto-dénigrement qui pousse encore beaucoup de Chinois à émigrer, n’est pas sans rapport avec la croyance immémoriale des Han d’être les fondateurs d’un Empire central et d’une civilisation exemplaire.
Lire l’article entier