Bravo à celui ou celle qui pourra me dire sans tricher (c’est-à-dire copier-coller dans Google
) qui nous a livré ces deux magnifiques phrases. Le prix bonus sera délivré à la personne qui saura préciser où et quand !
Tout homme crée sans le savoir, comme il respire.
Mais l’artiste se sent créer.
Son acte engage tout son être.
Sa peine bien-aimée le fortifie.
Il dépend de celui qui passe
que je sois tombe ou trésor.
Que je parle ou me taise, ceci ne tient qu’à toi.
Ami n’entre pas sans désir.
Mes enfants,
nous devons aimer,
non pas avec des paroles et des discours,
mais par des actes et en vérité.
Kinder,
laßt uns nicht lieben mit Worten,
noch mit der Zunge,
sondern in Tat und Wahrheit.
Children,
let us not love with word,
nor with tongue,
but in deed and in truth.
孩子们,
我们爱人,
不要只在言语和舌头上,
总要在行动和真诚上表现出来。
Première épître de saint Jean (3, 18)
Des jardins de la nuit s’envolent les étoiles,
Abeilles d’or qu’attire un invisible miel.
Et l’aube au loin, tendant la candeur de ses toiles,
Trame de fils d’argent le manteau bleu du ciel.
Du jardin de mon coeur qu’un rêve lent enivre,
S’envolent mes désirs sur les pas du matin,
Comme un essaim léger qu’à l’horizon de cuivre,
Appelle un chant plaintif, éternel et lointain.
Ils volent à tes pieds, astres chassés des nues,
Exilés du ciel d’or où fleurit ta beauté.
Et, cherchant jusqu’à toi des routes inconnues,
Mêlent au jour naissant leur mourante clarté.
Armand Silvestre,
poésie mise en musique par Gabriel Fauré (Op. 39 n°1)
Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine,
Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli,
Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli,
Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire
Les mots où se répand le cœur mystérieux,
Puisque j’ai vu pleurer, puisque j’ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;
Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours,
Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours,
Je puis maintenant dire aux rapides années :
Passez ! passez toujours ! je n’ai plus à vieillir !
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;
J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir !
Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m’abreuve et que j’ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre !
Mon cœur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli !
Victor Hugo,
Les Chants du Crépuscule