La star de la soirée du 6 août dans un Royal Albert Hall presque comble était incontestablement Renée Fleming. Rappelée à plusieurs reprises par le public, elle a laissé ce dernier sur sa faim, surtout après son extraordinaire interprétation de “Ich ging zu ihm” tiré de l’opéra Das Wunder der Heliane composé par Wolfgang Korngold en 1927. On était en effet presque tenté de penser que Korngold avait composé cette oeuvre sur mesure pour la célèbre soprano. Renée Fleming est avant tout une grande chanteuse d’opéra, et elle l’a démontré de nouveau hier soir. Son registre et sa brillance vocale lui font beaucoup mieux tirer parti des attaques lyriques des grands airs d’opéra que du romantisme et de la sombre mélancholie de certains Lieder austro-allemands. Cela fut le cas pour les Sieben frühe Lieder de Alban Berg interprétés avant l’entracte qui ont moins emballé le public que la seconde partie du programme.
La partie symphonique de la soirée était elle aussi très variée. L’interprétation de la 8ème symphonie de Beethoven en début de concert m’a franchement surpris. Gianandreo Noseda, chef à la baguette très dynamique du BBC Philharmonic Orchestra, aurait gagné à ralentir de quelques crans son rythme effréné et à plus insister sur les legati voulus par le compositeur. Le premier mouvement de la symphonie ressemblait par endroits à une marche militaire et donnait une impression d’effilochement… Curieusement, dans la symphonie n°2 de Schumann qui clôturait le programme, l’orchestre a su se lancer dans les aventures romantiques auxquelles l’invitait la partition. Les deux derniers mouvements étaient particulièrement réussis, les cuivres flamboyants étant purement et simplement parfaits et les cordes d’une remarquable précision.
Que dire de plus ? Un concert très réussi dans un cadre spectaculaire. Londres n’étant qu’à quelques heures de train de Paris, l’expérience sera sûrement renouvelée !
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